Nouvelle : La Nostalgie

J’aime comparer ce sentiment à un gros rhume; il te prend quand tu ne t’y attends pas, affaibli tes sens et ne te laisse pas tranquille pendant plusieurs jours. Mais la cerise sur le gâteau est que, en plus de cela, il teint d’un filtre gris ta vision, éteint l’enthousiasme et la lueur qui brillait dans ton regard sans compter le brouhaha de pensées enterrées et de souvenirs qui dansent de plus en plus fort dans ton esprit jusqu’à ce qu’on n’entende plus qu’elles. 

Ce qui me frappe le plus en toi, Nostalgie, c’est qu’on déteste te ressentir mais qu’on se prélasse dans ta détestable sensation. 

On reste passifs, à nager en toi, sans tenter l’effort d’en sortir comme des poissons dans leur étang. 

Et tout en étant conscients de notre état misérable, de notre faiblesse face à une simple émotion et de notre passivité dans la noirceur, nous demeurons ainsi sans rien faire. 

Tu m’as tout de même été nécessaire quelques malheureuses fois; tu m’as permis de réfléchir à certains comportements, à certaines actions et tu m’as poussé à revoir des souvenirs enfouis avec recul et sagesse. 

Nous passons tous par ta grisaille mais nous devons en sortir vite avant d’être trop assombri par ton dédale de fantômes déterrés. 

Nostalgie, malgré la sévérité de mes termes, je te toruve poétique et attachante… Mais s’il-te-plaît, ne le deviens pas trop car ma sensibilité y succomberait…

Contente-toi de rester ma visteuse dont j’écoute le languissant discours et qui repart en quête d’âmes mélancoliques qui ont besoin de goûter à nouveau l’amertume du passé. 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *